Ce journal a été
écrit sous le souffle de la révolte :
l'impensable est arrivé à cette mère, son fils
Simon est mort brutalement, et elle reste là, sidérée,
sans mots pour traduire le profond chagrin lié à cette
perte - elle n'est pas veuve, elle n'est pas orpheline.
Elle est prête à tout pour établir un pont entre
le monde des vivants et le monde des morts. La voix de Simon est retenue
sur d'autres rivages, son visage même s'estompe.
Depuis plus de mille jours, blessée à mort,
elle s'épuisait à crier une douleur animale. Dans la réalité
du quotidien jamais plus son odeur, jamais plus sa peau tiède,
jamais plus ses paroles...
Alors, comprenant cela, ses mains se sont dénouées
et elle a consenti à écrire, à être parmi
les autres, accédant à une dimension humaine.
F.B